Histoire des moteurs à piston rotatif,
de 1588 à Félix Wankel
Sources : Double Chevron n°19 (Hiver 1969) et n°33
(Automne 1973);
De tous temps, les chercheurs se sont efforcés de réaliser des machines énergétiques susceptibles de produire un travail pour remplacer les sources traditionnelles d'énergie, à savoir la force musculaire de l'homme ou de certains animaux. Les premières machines utilisaient la force du vent ou celle de l'eau, puis viennent la machine à vapeur et enfin le moteur à combustion interne. Pour ce dernier, les inventeurs ont toujours cherché à obtenir des engins dont les éléments soient animés d'un mouvement de rotation, nécessaire à presque toute exploitation d'énergie. On peut distinguer dans les moteurs à combustion interne :
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1 - les moteurs à pistons
à mouvement alternatif. |
2- les moteurs à pistons
à mouvement rotatif. |
Les premiers sont caractérisés par un système bielle-manivelle qui transforme le mouvement alternatif rectiligne du piston en un mouvement circulaire de l'arbre moteur, ce dernier étant constitué d'un arbre coudé appelé vilebrequin (figure 1). Les moteurs à piston rotatif sont ceux dans lesquels le système décrit ci-dessus a été remplacé par un piston accouplé à un arbre tournant (figure 2), effectuant un mouvement de rotation uniforme ou varié sans être affecté par des forces d'inertie alternatives dues aux variations de vitesse du piston au cours du cycle, et particulièrement aux points morts (P.M.H. - P.M.B., figure 1). Le mouvement produit est directement rotatif. Il n'est donc plus nécessaire de le transformer pour le rendre utilisable.
1588
L'ingénieur italien Ramelli décrit et illustre les pompes à eau de son invention. C'est la première réalisation de la pompe à palettes qui est couramment employée de nos jours, pour les pompes à huile et également pour certains compresseurs.
1636
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L'allemand Pappenheim, constructeur de machines, invente la
pompe à engrenages qui assure à l'heure actuelle
encore, le graissage des moteurs. Cette pompe à engrenages
permet de supprimer les tiroirs à mouvements alternatifs
prévus par Ramelli. L'inventeur faisait tourner sa machine
au moyen d'une roue à godets entraînée par
l'eau d'une rivière. La pompe alimentait des jets d'eau.
En 1636, l'empereur Ferdinand II (1619-1637) lui accorda pour
son invention, un privilège correspondant à nos
brevets actuels. Dès cette époque les chercheurs
durent s'efforcer de résoudre les problèmes d'étanchéité
des pièces en mouvement. C'est précisément
ce problème d'étanchéité qui a été
décisif dans la réalisation de l'actuel moteur
à piston rotatif. |
1650
Otto von Guericke réalise une machine à faire le vide. L'étanchéité entre cylindre et piston est obtenue par des joints en cuir.
1782
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James Watt, inventeur sur la machine à vapeur du système
bielle-manivelle qui permet de transformer le mouvement alternatif
du piston en mouvement rotatif, crée une machine à
piston oscillant, dans laquelle une pale rotative en forme d'aile
(1) accomplissait un mouvement de rotation presque complet en
découvrant les lumières d'admission (2) dans une
chambre que séparait une paroi radiale cintrée
(3). |
1799
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Un collaborateur de Watt, Murdock, se sert de la pompe à
engrenages de Pappenheim pour réaliser une machine à
vapeur à piston tournant. Il garnit l'extrémité
des dents des engrenages d'une " lisse " en bois.
Cette machine avait un rendement très faible par manque
d'étanchéité. |
1846
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Elijah Galloway construit la première machine à piston
tournant avec épicycloïde intérieure et enveloppante
extérieure. |
1859
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L'anglais Jones modifie la pompe à engrenages de Pappenheim
en réalisant une pompe à deux rotors à
deux dents par engrenage. Les compresseurs et pompes Rootes
fonctionnent selon le même principe. |
A partir de 1900, les recherches sur le moteur à piston rotatif se poursuivent dans un climat nouveau, marqué par la recherche de formes plus élaborées.
1900
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Alotham et Franchot présentent un compresseur à
palettes caractérisé par un boisseau tournant
se mouvant à l'intérieur d'une cycloïde.
C'est la première fois que l'on obtient un rapport 1
à 2 et un frottement à glissement remplaçant
l'engrènement rotatif de Galloway. |
1901
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L'américain Cooley dépose un brevet pour une
machine à piston tournant avec épicycloïde
intérieure et enveloppante extérieure. Cooley
a recours à l'engrènement. |
1908
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L'anglais Umpleby transforme la machine à vapeur de
Cooley en machine à combustion interne. Il se heurte
à des difficultés d'étanchéité
et de cinématique. |
1923
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Wallinder et Skoog : brevet suédois qui mentionne une
véritable machine thermique à piston rotatif avec
engrènement à denture, hypocycloïde intérieure
enveloppante et rotor intérieur en étoile à
cinq branches, avec rapport de rotation 5/6 pouvant servir de
moteur de combustion à deux ou quatre temps. |
1938
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Le français Dimitri Sensaud de Lavaud dépose
un brevet pour une machine à piston rotatif avec engrènement
à denture intérieure, carter délimité
par une hypocycloïde interne et démultiplication
5/6. Avec l'appui des firmes Citroën et Renault et sur
l'instigation du ministère de l'Air, les Ateliers de
Batignolles construisent ce moteur. Malgré plusieurs
modifications, il ne donna jamais sa puissance normale et fut
abandonné trois ans plus tard. |
1943
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Le constructeur suisse Bernard Maillard réalise un
compresseur d'air à partir d'un brevet anglais pour une
machine à piston giratoire avec rapport 2/3 et chambres
à surface en hypocycloïde interne. L'étanchéité
insuffisante ne permettait pas de transformer ce compresseur
en moteur thermique. |
ENFIN WANKEL VINT...
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Félix Wankel |
1902
Félix Wankel naît à Lahr, en Forêt Noire. De 1921 à 1926, il occupe un poste commercial dans une maison d'éditions scientifiques à Heidelberg.
1924
Wankel installe son propre atelier à Heidelberg. Il réalise ses premières ébauches d'un moteur à piston rotatif.
1926
II comprend que le grand problème est celui de l'étanchéité. Il s'y attaque avec résolution.
1927
II met au point les dessins d'un moteur à piston rotatif. Pendant la guerre Félix Wankel travaille au Ministère de l'Air.
1951
Fondation d'un bureau de recherches techniques à Lindau, sur le lac de Constance. Premiers contacts avec N.S.U. et d'autres entreprises. Le 20 décembre, Wankel et N.S.U. se font un mutuel cadeau de Noël : ils signent un contrat d'association qui a pour objet le moteur à piston rotatif.
1954
Le 13 avril, le premier moteur Wankel à piston rotatif est réalisé. Chez N.S.U. c'est l'enthousiasme, on dit : "quatre temps en une seule machine, c'est quatre inventions en une seule".
1956
Un prototype de moto N.S.U. gagne toutes les épreuves de sa catégorie et bat plusieurs records du monde, sur le lac Salé. Son moteur est alimenté par un compresseur à piston rotatif.
1958
Premiers essais chez N.S.U. de prototypes de moteurs à piston rotatif.
1960
Au congrès V.D.I. (Association des Ingénieurs Allemands) il est question pour la première fois en public, du moteur à piston rotatif N.S.U.-Wankel.
1963
Présentation au Salon de l'Automobile de Francfort, du spider (dérivé du coupé Sport-Prinz) à moteur N.S.U.-Wankel.
NSU Spider
| Carrosserie |
spider 2 places |
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| Moteur |
KKM 502
497,5 cm3,
50 ch DIN à 6000 tr/min
7,9 mkg à 3500 tr/min |
| Transmission |
propulsion, boîte 4
vitesses |
| Freinage |
disques à l'AV, tambours
AR |
| Vitesse maxi |
153 Km/h |
| Dimensions |
Longueur : 3,58 m, largeur : 1,52 m, hauteur : 1,26 m, empattement : 2,02 m |
| Poids |
700 kgs |
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Production
(1964-1967) |
environ 2375 ex. |
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