Principe et fonctionnement du moteur à piston rotatif
:
l'exemple du moteur Comotor Type 624
Sources : Double Chevron n°19 (Hiver 1969) et n°33
(Automne 1973), Annoté par Stéphane Wlodarczyk;
Le moteur rotatif Wankel
(ici le moteur de la GS birotor) fonctionne selon le cycle à 4
temps. Ces 4 schémas en montrent les différentes phases.
Le mélange air-essence (jaune) pénètre par le conduit
d'aspiration (figures 1, 2, 3 et 4), c'est le 1er temps. Le rotor obture
l'orifice d'aspiration et amorce la compression des gaz carburés
(orange), (figures 1 et 2), c'est le deuxième temps. L'étincelle
produite par la bougie provoque l'explosion du mélange air-essence
au moment où la compression est maximum (rouge), (figure 3). La
détente (rouge), (figures 4 et 1) provoque la rotation du rotor
et fournit l'énergie motrice grâce aux forces de pression
exercées sur la face du rotor, c'est le 3e temps ou temps moteur.
Le rotor démasque l'orifice d'échappement qui permet aux
gaz brûlés de s'évacuer (gris), (figures 2, 3, 4 et
1), c'est le 4e temps.
COMMENT IL TOURNE. PRINCIPE :
Le moteur à piston rotatif réalise sous
une forme particulière les quatre opérations fondamentales
classiques : admission, compression, explosion-détente, échappement.
Un piston rotatif, appelé aussi rotor, ayant la
forme d'un triangle équilatéral curviligne, déplace
ses sommets dans un stator ou trochoïde suivant une courbe spéciale
nommée " épitrochoïde "(cf. schéma
ci-dessus). Rappelons brièvement quelques notions de géométrie.
L'épicycloïde est la courbe engendrée par un point
pris sur la circonférence d'un cercle qui roule sans glisser à
l'extérieur d'un cercle de base.
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La courbe décrite par un point M pris
sur la circonférence du cercle C' de centre O' et de rayon
r' qui roule sans glisser à l'extérieur d'un cercle
fixe C de centre O et de rayon r est donc une épicycloïde.
La distance O'M = r' = R est appelée rayon générateur
de l'épicycloïde. La distance OO' = e = (r' - r) est
appelée excentricité de l'épicycloïde
(fig. 1).
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L'épitrochoïde est une épicycloïde
dont le point générateur M a été pris
à l'extérieur du cercle C', c'est-à-dire que
la distance O'M = R = rayon générateur est plus grande
que le rayon r' du cercle O'. Le profil intérieur du stator
du moteur COMOTOR est une parallèle à 2 mm à
l'extérieur d'une épitrochoïde dont r = (2 /3)r'
avec comme rayon générateur : R = 100 mm, excentricité
= 14 mm (fig. 2)
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Pourquoi une épitrochoïde et pas un
cercle ? Un tel système (figure 3) ne peut pas marcher pour
deux raisons. Il n'y a pas de variations de volume des chambres
et, de plus, la transmission du couple ne peut s'effectuer sur l'arbre
moteur. En effet, admettons que l'on puisse enflammer un mélange
air-essence dans la chambre C. La force résultante de la
pression des gaz serait dirigée vers le centre de l'arbre
A. |
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L'épitrochoïde a permis d'obtenir
des chambres à volume variable, permettant ainsi d'accomplir
le cycle à 4 temps. Pour que le piston puisse se déplacer
à l'intérieur de cette courbe, il faut qu'il soit
monté sur un arbre excentré (excentricité de
l'épitrochoïde) permettant de transmettre le couple
(fig. 4).
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Maintenant, il faut guider le déplacement
du piston dans ses déplacements à l'intérieur
de la trochoïde, ce que l'on fait en montant un pignon fixe
sur le flasque solidaire de la trochoïde et une couronne dentée
fixée sur le piston (fig. 5).
NOTA : Nous avons représenté l'arbre
moteur avec un maneton pour faciliter la compréhension du
système. En réalité, l'arbre moteur comporte
un excentrique, ce qui revient au même dans le principe.
La cinématique de ce moteur fait que, lorsque
le piston fait un tour complet, l'arbre moteur fait 3 tours. Exemple
: régime moteur = 3 000 tr/mn, régime piston = 1 000
tr/mn. |
RÉGULARITÉ CYCLIQUE
Etant donné que chaque face du rotor travaille,
nous aurons pour un tour de rotor (cas d'un monorotor), 3 admissions,
3 compressions, 3 explosions-détentes, 3 échappements. Comme
l'arbre moteur tourne 3 fois plus vite, il y a un temps moteur ou explosion-détente
par tour d'arbre moteur.
Dans le cas du birotor, il y aura 2 explosions-détentes
par tour de vilebrequin, soit 4 explosions-détentes pour
2 tours.
Donc, au point de vue nombre de temps moteur, le birotor peut se
comparer à un 4 cylindres 4 temps classique. Du point de
vue durée du temps moteur pour un tour de vilebrequin, le
monorotor se compare à un trois cylindres 4 temps classique,
soit 270° de temps moteur (déplacement piston : 90°,
90° x 3 = 270° sur l'arbre).
Donc, du point de vue durée du temps moteur (ce qui caractérise
la Souplesse d'un moteur), le birotor peut se comparer à un moteur
6 cylindres 4 temps classique.
CYLINDREE
La cylindrée unitaire est la différence
entre les volumes maximum V et minimum v compris entre rotor et
trochoïde dans le déplacement du rotor.
Le moteur classique effectue un cycle complet thermodynamique, lorsque
l'arbre de sortie a effectué 2 rotations (admission, compression,
explosion-détente, échappement). Le moteur à piston
rotatif effectue le même cycle complet thermodynamique lorsque l'arbre
de sortie a effectué 3 rotations. Se référant à
un même régime d'arbre de sortie, les deux moteurs sont comparables
en prenant pour cylindrée équivalente pour le moteur à
piston rotatif les deux tiers du produit cylindrée unitaire nombre
de chambres x par nombre de rotors n.
Soit : 2/3(V - v) x 3 x n = 2(V- v)n
Le rapport volumétrique sera égal à : µ=V/v
DESCRIPTION

De gauche à droite : poulie (avec son contrepoids, entraînant
la pompe à eau, la pompe à air et l'alternateur), flasque
avant, trochoïde, rotor, arbre moteur, flasque intermédiaire,
rotor, trochoïde, flasque arrière, contrepoids.
ETANCHEITE

1. Segment de flanc
2. Pression d'ajustement
3. Segment joint entre excentrique et carter latéral
4. Segment joint entre excentique et rotor

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L'étanchéité du piston rotatif
comprend trois zones distinctes, pourvues chacune de dispositifs
appropriés.
Sur les côtés du piston, un segment
joint fait étanchéité entre l'excentrique et
le flasque, un autre segment joint fait étanchéité
entre excentrique et rotor (fig. 6).
Sur les côtés du piston, à
faible distance des bords curvilignes, sont encastrés des
segments de flanc (fig. 7) destinés à retenir les
gaz et empêcher leur pénétration vers le centre.
Ces segments sont appuyés contre les parois
latérales par des bandes d'acier ondulées situées
au fond des gorges du piston.
Contrairement aux moteurs à pistons classiques
où les segments d'étanchéité et les
segments racleurs sont très proches les uns des autres et
où les mouvements alternatifs des pistons favorisent le passage
parasite des gaz de combustion le long des parois des cylindres,
les systèmes d'étanchéité aux gaz et
à l'huile sont nettement séparés dans le moteur
à piston rotatif. Il en résulte un espace " entre
segments " dans lequel on peut maintenir à l'aide d'un
canal reniflard avec soupape, une légère pression
(200 millibars) des gaz qui ont pu franchir les segments de flanc.
Ainsi, cet espace oppose une résistance
à l'éventuel passage de résidus volatils de
combustion vers l'huile, et vice versa. De plus, elle plaque les
segments joints sur les bords de leur gorge pour assurer l'étanchéité.
Chaque sommet du piston est muni d'un segment d'arête
(fig. 7) pour éviter le passage des gaz d'une chambre à
l'autre. Ce segment d'arête comprend trois parties. Il est
constitué par une barrette transversale logée dans
une gorge et poussée vers l'extérieur par une lamelle
d'acier légèrement incurvée. Elle assure un
contact permanent de la barrette contre la piste de la trochoïde,
au démarrage son rôle est essentiel.
Les deux parties extrêmes du segment d'arête
: les segments d'angle, sont en partie logés dans des barillets
maintenus en contact sur le flasque par de petits ressorts. Ces
barillets assurent l'étanchéité entre segments
de flanc et segments d'angle (fig. 7).
Dès que le moteur prend du régime,
la force centrifuge et les gaz de combustion viennent renforcer
l'action de la lamelle d'acier en poussant les segments d'arête
contre la piste de la trochoïde. |
GRAISSAGE

1. Pompe à huile
2. Clapet de décharge
3. Echangeur huile-eau
4. Filtre à huile
5. Arbre moteur
6. Rotor
7. Bielle de commande de la pompe haute pression
8. Doseur pour graissage segments du flanc et d'arête |
L'huile est contenue dans un carter
placé sous le moteur. Elle est aspirée par une pompe
à huile à engrenages et refoulée dans un palier
puis dans l'arbre moteur où elle lubrifie le deuxième
palier et les deux excentriques. Elle assure le refroidissement
du piston en circulant automatiquement à l'intérieur
et s'évacue en lubrifiant couronnes dentées et pignons
fixes (fig. 8).
Le graissage des segments de flanc et des segments
d'arêtes du rotor est assuré par un doseur qui injecte
de l'huile moteur dans la canalisation d'essence avant son entrée
dans le carburateur, en quantité précise fonction
du régime moteur et de l'ouverture des papillons du carburateur.
La température de l'huile est maintenue
à une valeur acceptable pour le bon fonctionnement du moteur
par un échangeur eau-huile intégré au moteur. |
ANTIPOLLUTION
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Pour respecter les normes antipollution de plus en plus sévères,
ce moteur possède un système de postcombustion permettant
de brûler les produits nocifs de combustion.
Une pompe à air débite au niveau des lumières
d'échappement.
Adaptation électronique de l'avance à l'allumage
suivant les conditions de fonctionnement (position levier de vitesses,
température du moteur, régime moteur, temps écoulé
depuis la mise en route, dépression à l'admission)
(fig. 9). |
1. Silencieux
2. Soupape de décharge
3. Pompe à air
4. Soupape de retenue
5. Flasque intermédiaire
6. Trochoïde
7. Réacteur
8. Levier de vitesses, 2 enclenchée. point mort.
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9. Thermo-contact
10. Filtre à air
11. Carburateur
12. Allumeur
13. Relais de dépression
14. Boîtier d'allumage
15. Relais temporisé |
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SES AVANTAGES
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La première qualité du moteur birotor
est sa simplicité. Il ne comprend que 8 éléments
principaux (cf description):
- les deux trochoïdes,
- les deux flasques avant et arrière
- le flasque intermédiaire séparant les deux trochoïdes,
- les deux pistons
- l'arbre moteur à deux excentriques évidemment
moins compliqué qu'un vilebrequin classique.
Néanmoins, un moteur Wankel requiert des
accessoires plus volumineux qu’un moteur alternatif : plus
de volume d’eau, d’huile, radiateurs plus volumineux,
système d’échappement, plus encombrant et dégageant
beaucoup de chaleur. |
SILENCE
Ce moteur n'ayant aucune pièce en mouvement alternatif,
son équilibrage est parfait, ce qui lui assure un fonctionnement
totalement privé de vibrations, donc une réduction considérable
du niveau sonore jusqu'aux vitesses de rotation les plus élevées.
Le cycle à 4 temps est obtenu sans organe de distribution, ni soupape,
ni ressort, ni culbuteur, ni tige de culbuteur, ni arbre à cames,
etc.
Seule subsite l’irrégularité du couple
moteur qui peut engendrer quelques vibrations à bas régimes
ECOULEMENT DES GAZ
L'écoulement des gaz, non laminés par le
passage d'une soupape, s'effectue, contrairement à ce qui se passe
sur un moteur classique polycylindrique, selon un mouvement continu, sans
retour sur lui-même ni changement de sens.
REMPLISSAGE
En raison de ce qui précède, il est évident que
le taux de remplissage est élevé.
BALAYAGE
L’inconvénient de ce système
de remplissage est qu’une masse non négligeable de charge
carburée est diluée à l’échappement.
Cette masse qui ne participe pas à la combustion explique en
partie la consommation élevée et la forte teneur en
hydrocarbures imbrûlés des gaz d’échappement
souvent reprochés aux moteurs à piston rotatif.
Néanmoins on peut fortement réduire ce
taux en adoptant la solution des lumières d’admission
et d’échappement latérales (par le flasque) comme
l’ont prouvé les moteurs Mazda.
COMBUSTION
La combustion se fait à faible pression en raison
de l’évolution du volume de la chambre pendant la rotation
et a une durée importante grâce au rapport de denture. Elle
contribue à la douceur du fonctionnement et élimine les
chocs existants sur un moteur classique. Toutefois, l’évolution
du volume de la chambre est néfaste au rendement thermodynamique
du moteur.
ENCRASSEMENT DES BOUGIES
Le PMH de balayage du moteur à 4 temps est salutaire
pour le nettoyage de la bougie d’allumage. Comme le moteur 2 temps,
le Wankel n’a pas de temps de « nettoyage » de la bougie,
celle ci a donc tendance à s’encrasser pour les utilisations
à faible charge.
SOUPLESSE
Les propriétés énumérées
ci-dessus liées à l'excellent équilibrage
du rotor, donnent à ce moteur une douceur de fonctionnement
exceptionnelle, sans jamais d'à-coups à la reprise,
quelles que soient les conditions de régime ou de charge.
Par son faible encombrement, son poids réduit,
sa simplicité, son équilibrage parfait, son absence
totale de pièces en mouvement alternatif, le moteur à
pistons rotatifs est le premier et le seul aujourd'hui dans
l'histoire des moteurs à réunir et concrétiser
des qualités aussi exceptionnelles. Il synthétise
au plus au point les qualités de silence et d’équilibrage
des moteurs à 6 cylindres en ligne ou à plat,
et la nécessité de compacité nécessaire
à la réussite d’une automobile complète. |
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